vendredi 26 juillet 2019

Congrès de l'association pour le développement de l'histoire culturelle le 28 septembre 2019

Prochain Congrès de l'association de l'histoire culturelle (ADHC) le 28 septembre 2019
Lieu Centre d’histoire sociale des mondes contemporains Université Paris1- Adresse : 9 rue Malher 75004 Paris
▪ 9 h : Accueil des participant-e-s
▪ 9 h 15 : Assemblée générale présidée par Pascal Ory - Rapport moral et financier
▪ 9 h 45 : Actualités de l’histoire culturelle
10 h 30 - 12 h Conférence d' Emmanuel Fureix (PR Université Paris Est- Créteil)
L’iconoclasme : une histoire politique du regard
L’iconoclasme ne se réduit pas à une querelle religieuse des images. A partir de la Révolution française, il devient un mode de régulation de tous les signes visuels perçus comme intolérables ou blessants. Centrée sur le XIXe siècle mais en écho avec le présent, cette conférence propose une réflexion sur les interactions, en situation, entre des « regardeurs » et des signes conflictuels
- 12h-13h45 Déjeuner. S’inscrire svp auprès de evelyne.cohen@wanadoo.fr
- 14h-16h : Table ronde animée par Jean-Sébastien Noël (MCF Université de la Rochelle) avec Christophe Granger, Béatrice Joyeux-Prunel et François Robinet. Cette table-ronde entend opérer un pas de côté vis-à-vis des problématiques strictement scientifiques pour interroger les conditions institutionnelles, politiques et financières de la recherche en histoire culturelle, comme les évolutions récentes de la fonction d’enseignant-chercheur.
Un certain nombre d’études ont d’ores et déjà cherché à analyser et à resituer dans son contexte la « crise de l’université française » (François Vatin, Antoine Vernet, 2009) à défaut de dénoncer une entreprise de « destruction » institutionnelle (Granger, 2015), conduisant à tourner le dos aux fondements d’une culture universitaire héritée des dernières décennies du XIXe siècle, voire des périodes antérieures, qu’il s’agit toutefois de ne pas essentialiser (Charle, 2012).
Aussi s’agit-il de considérer, d’une part, les effets des mutations récentes de la profession d’enseignant-chercheur, considérant à la fois la pénurie des recrutements et le recours accru aux contrats précaires (« La CPU pour une approche proactive de l’autonomie », communiqué de la CPU, mai 2019), les évolutions substantielles des missions des enseignants-chercheurs en poste conduisant à un amenuisement du temps de recherche, le développement du financement par projets et l’accélération du rythme calendaire que cela implique. Ces évolutions des conditions pratiques de recherche relèvent à la fois de particularités nationales comme de logiques échappant au seuls cadres nationaux (préconisations de l’OCDE, politique communautaire).
La place de la recherche récente en histoire culturelle dans les programmes du secondaire et au sein de la formation continue des enseignants constitue un second enjeu. Si la question d’histoire contemporaine au programme des concours de l’enseignement en 2018-2020 place l’historiographie récente au cœur de la formation des futurs enseignants, la place des savoirs disciplinaires et de l’épistémologie au sein des plans académiques de formation tend à décroître, voire à en occuper la portion congrue au bénéfice d’autres compétences. De plus, les réformes annoncées du CAPES laissent entrevoir une possible disparition des questions au concours au profit d’une formation scientifique fondée sur les programmes du collège et du lycée. Il s’agit ainsi de réfléchir aux enjeux d’une formation des enseignants aux territoires et aux problématiques de l’histoire culturelle, ainsi qu’à la place qu’elle occupe dans les nouveaux programmes du collège et du lycée.
CHARLE, Christophe, VERGER, Jacques, Histoire des universités. XIIe-XXIe siècles, Paris, PUF, 2012.
GRANGER, Christophe, La destruction de l’université française, Paris, La Fabrique éditions, 2015.
VATIN François, VERNET Antoine, « La crise de l'Université française : une perspective historique et socio-démographique », Revue du MAUSS, 2009/1 (n° 33), p. 47-68.

mardi 23 avril 2019

La place publique, espace politique Usages, appropriations, représentations en France et dans le monde (XVIIIe-XXIe siècles)-23 mai 2019

La place publique, espace politique
Usages, appropriations, représentations en France et dans le monde (XVIIIe-XXIe siècles)
Organisée par le laboratoire de recherches historiques Rhône Alpes (LARHRA UMR 5190) et l’atelier Images-sons-mémoires

La journée se tiendra dans les locaux de l’Université Lyon 2 le 23 mai 2019
de 10 heures à 18 heures en salle des colloques: 18 quai Claude Bernard, 69007 Lyon (depuis la gare de la Part Dieu ou depuis la Gare de Perrache, Tram T1 arrêt Quai Claude Bernard)


Cette deuxième journée d’études s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherches interdisciplinaire initié par trois laboratoires le LARHRA (UMR CNRS), le CRIHAM (Université de Poitiers) et l’équipe ISOR (Centre d’Histoire du XIXe siècle Université Paris I). Y participent en particulier et sans exclusive des historiens, des géographes, des architectes, des philosophes. 
Élément fondamental des politiques d’aménagement et d’urbanisme du XVIIIesiècle à nos jours, les places sont autant des « lieux » où se déroulent des événements politiques et festifs, que des lieux de mémoire ou d’oubli dont témoignent récits, discours et images qui les mettent en scène à travers leur histoire. Elles véhiculent des symboliques et représentent des enjeux pour la démocratie.  Les places sont des espaces publics partagés, que l’on s’approprie et que l’on investit pour manifester, contester, célébrer, agir, et que le pouvoir (quel qu’il soit) configure et tente de maîtriser du point de vue spatial, urbain et politique. 

L’objectif de cette journée est d’examiner à travers différents contextes spatio-temporels la façon dont ces « lieux » sont traversés et reconfigurés par l’histoire sociale, culturelle et politique du XVIIIe au XXIe siècle. 
Programme


9h30 Accueil des participants
10 heures-10h15 Présentation de la journée Laurent Baridon (LARHRA) et Evelyne Cohen (LARHRA)
Places publiques, lieux politiques
Présidence : André Rauch (Université de Strasbourg) 
10h15-10h45 Joëlle Zask (Université de Provence) De la place comme espace public à la place comme lieu public 

10h45-11 H30 Présentation par Pierre Goetschel (réalisateur) du film Rond-Point(2010) suivi de discussion 

11 h45 -12h 15 Avner Ben-Amos (Université de Tel-Aviv) L'Espace vide? La place Rabin à Tel Aviv, lieu politique 

12h15-12h45 Débat
Déjeuner 
Représentations et histoires de places in situ
Présidence Laurent Bihl (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

14h -14h30 Pierre Allorant (Université d’Orléans) Places publiques, places politiques à Orléans, d’Arc à République.
14h30- 15h Jérôme Grevy (Université de Poitiers) " Du pilori à la Liberté. Les enjeux de la républicanisation d'une place publique de Poitiers (1822-1906) " 
15h-15h45 Joanne Vajda(ENSA Paris), Laurent Baridon, Evelyne Cohen De la transformation d’un rond-point à l'aménagement d’une « scène ouverte» : la Place de la République à Paris (2008-2018)
15h45-16h Pause
Présidence François Dubasque (Université de Poitiers)
16h-16h30 Richard Vassakos (Université de Montpellier) De Gambetta à Pétain, républicaniser, dérépublicaniser les lieux publics par la toponymie
16h30-16h45 Conclusion par Laurent Baridon 
16h30-17h30 Discussion générale sur le programme de recherche 


mardi 2 avril 2019

La BBC: exemple d’une singularité britannique-Séminaire Culture et Communication-Comité d'histoire du Ministère de la Culture

La BBC: exemple d’une singularité britannique

18 avril 2019-16 à 19 heures 
Séance animée par Evelyne Cohen avec les interventions de 

Renée Dickason, équipe de recherche EA ACE (Anglophonie : Communautés, Écritures), Université Rennes 2,

Longtemps sous l’emprise de l’esprit reithien (du nom de son premier directeur général, John Reith), la British Broadcasting Corporation ou BBC, même si elle subit périodiquement les affres d’une concurrence âpre et effrénée et tente de surmonter les épreuves liées à une crise financière pérenne, a su garder une identité forte et maintenir une image toujours très appréciée au Royaume-Uni et dans le monde entier. Emblème d’un service public convoité, véritable ambassadrice culturelle du monde britannique, la BBC, qui fait preuve d’une singularité qu’il importe de souligner, ne cesse de faire autorité tant par la qualité de ses émissions et séries phares, souvent devenues cultes, (Cathy Come Home, EastEnders, The Archers, Yes, (Prime) Minister, House of Cards, Little Britain, Fawlty Towers, Dr. Who, Happy Valley…), et qui reflètent les préoccupations culturelles, sociales et politiques du Royaume-Uni, que par les exigences éthiques et déontologiques qui sous-tendent les programmes d’information (Nationwide, Newsnight, Panorama…) ou d’éducation (Andy Pandy, Blue Peter, BBC Learning Zone…). Dans le cadre de cette intervention, nous nous arrêterons sur quelques traits saillants du modèle de la BBC, qui demeure une référence incontournable, et de la singularité qui la caractérise dans le façonnement du paysage audiovisuel britannique, dès ses balbutiements jusqu’à l’émergence des chaînes par satellite.

Simon Dawes, Institut d’études culturelles et internationales (IECI) / Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC), Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ),

Depuis les années 1980, les chercheurs en « media studies » britanniques ont privilégié une histoire critique de la régulation audiovisuelle britannique en termes de processus de « privatisation », analysant le changement de logique par rapport à l’intervention de l’État et au rôle de la BBC, et le passage du principe de « service public » et d’intérêts des citoyens à celui du marché et de l’intérêt des consommateurs.[…] En dépit de l’efficacité de cette approche pour comprendre les grandes tendances historiques, il y a un écart entre la théorie d’un service public et la réalité de ce que la BBC représente, ainsi qu’un manque de réflexivité théorique et méthodologique dans la plupart des critiques contemporaines portant sur la régulation et l’histoire des médias. […]
Nous avons donc [pour notre part] mené un travail d’analyse diachronique d’un large corpus de documents réglementaires de l’audiovisuel depuis les années 1920 jusqu’à aujourd’hui (Dawes, 2017). Cette recherche, en tant que réflexion épistémologique sur les enjeux de l’histoire de la régulation audiovisuelle en fonction de la dichotomie « public-privé », nous permet de critiquer la notion même de « service public », et de proposer des alternatives pour un audiovisuel « pour le public et par le public ».

Gaël Villeneuve, Institut supérieur de communication – Laboratoire Communication et Politique du CNRS,

L’audiovisuel des individus : la BBC, paradigme libéral de l’audiovisuel public.
Lorsque la radio surgit dans les années 1920, les États décident presque partout que les ondes hertziennes, prérogatives du pouvoir régalien, seront le moyen par lequel la nation se parlera à elle-même – quitte à tolérer sous conditions variables un voisinage public / privé. La Grande-Bretagne ira plus loin : la BBC, rien que la BBC, toutes les ondes sont à elles pour éduquer, informer et distraire. Pendant ce temps, à Moscou, Rome et Berlin, naît dans certains esprits un autre paradigme radiophonique – dans lequel la participation de la radio à la cohésion nationale passe moins par l’émancipation individuelle que par la transmission de la parole du maître.


Les séances se tiennent à la Maison Suger (FMSH), 16-18 rue Suger, 75006 Paris de 16h à 19h [plan]
Inscription obligatoire (libre et gratuite dans la limite des places disponibles) en remplissant le formulaire
Informations :
comitehistoire@culture.gouv.fr

dimanche 17 mars 2019

Culture et communication-Mondialisation et américanisation de la Culture

La prochaine séance se tiendra Jeudi 21 mars 2019 de 16 heures à 19 heures à la maison Suger
 (FMSH), 16-18 rue Suger, 75006 Paris de 16h à 19h [plan]
Inscription obligatoire (libre et gratuite dans la limite des places disponibles) en remplissant le formulaire
Ce séminaire est placé sous la direction scientifique d’Évelyne Cohen, professeure des universités, Enssib/LARHRA (UMR CNRS 5190) et réalisé en partenariat avec l’Institut National de l’Audiovisuel (INA).
Il est ouvert à un public double : les spécialistes, chercheurs en sciences de l’information et de la communication ou en histoire et sociologie de la culture et leurs étudiants ; mais aussi le cercle plus large des professionnels intervenant dans le domaine des médias, des politiques et de la médiation culturelle
Il est ouvert à un public double : les spécialistes, chercheurs en sciences de l’information et de la communication ou en histoire et sociologie de la culture et leurs étudiants ; mais aussi le cercle plus large des professionnels intervenant dans le domaine des médias, des politiques et de la médiation culturelle.
Mondialisation et « américanisation » de la culture
21 mars 2019
avec Marie-France Chambat Houillon, Université Paris III – CEISME et Labex ICCA,

La présentation a pour ambition de tenter de saisir les reconfigurations du périmètre de la culture et de ses représentations dans les programmes de la télévision française d’hier et d’aujourd’hui. Au moyen d’exemples, il s’agira de savoir si ces mutations, en termes de contenu mais également en termes de formes ou de dispositifs, s’inscrivent dans ce que de nombreux auteurs ont identifié comme un processus d’américanisation (ou de mondialisation) de la télévision française

 avec Olivier Donnat, ministère de la Culture – DEPS.

L’intervention portera sur les transformations des modes de consommations des programmes de télévision lors des dernières décennies, notamment au cours des années 1980 qui font figure de période charnière : progrès du multi-équipement des ménages en téléviseurs, diffusion massive du magnétoscope et de la télécommande, allongement de la durée des programmes, apparition de chaines privées et de l’abonnement (Canal+), et surtout augmentation spectaculaire de la durée d’écoute. A travers ces profondes mutations, se dessinent les grands traits de la « culture de l’écran » qui se généralisera avec l’arrivée de la technologie numérique.

jeudi 24 janvier 2019

Culture et communication-La culture à la télévision-L'Exception Culturelle 14 février

La prochaine séance du Comité d'histoire du Ministère de la Culture aura lieu le 14 février 2019 de 16h à 19h à la Maison Suger (16-18, rue Suger, 75006 Paris).
Pour rappel, le programme du séminaire est disponible sur le carnet de recherches "Politiques de la culture" à l'adresse suivante : https://chmcc.hypotheses.org/5321…
Avec
Serge Regourd Université Toulouse I -Président de la Commission culture et audiovisuel du Conseil régional d'Occitanie
Pascal Rogard Directeur général de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques)
Le séminaire est animé par Evelyne Cohen. Il se déroule en coopération avec l'iNA.
Serge Regourd
" «  Au cours du milieu des années 1980 et jusqu’aux années 2000, la question de l’Exception culturelle occupa une place importante dans le débat public national et européen. Elle concernait la pérennité même des politiques publiques et des financements publics dans un contexte de libéralisation économique à l’échelle mondiale. Selon les préceptes de l’ouverture des marchés et de la concurrence transnationale, les financements publics devaient être prohibés. C’est ainsi, au premier chef, que tout le système de soutien au cinéma et à l’audiovisuel dont la France constitue le modèle le plus élaboré, aurait pu être démantelé si une exception à la libéralisation marchande n’avait pas été invoquée.

Serge Regourd est intervenu dans ce débat à la fois comme Professeur de droit et comme animateur des États Généraux de la culture auprès de Jack Ralite.
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Un concept de diversité culturelle reconnu sur la scène internationale (Pascal Rogard)

La diversité culturelle est aussi vieille que la découverte des arts par l’Humanité. Mais, l’existence politique du concept émerge dans les années 80 -90 et prend véritablement corps dans les négociations commerciales du GATS, entre l’Europe et les États-Unis.
Portés par les cinéastes qui ont pris conscience des dangers que représentait cette tendance à la libéralisation des échanges commerciaux, un mouvement a émergé autour de 4 principes forts : les biens et services culturels ne sont pas des biens comme les autres ;il faut préserver les politiques culturelles des discussions commerciales ; il faut éviter le démantèlement des politiques culturelles  et en particulier, des quotas d’investissement et de diffusion pris en faveur des créations locales et nationales ; il faut lutter contre les risques d’hégémonie et faire vivre la diversité de la création.
L’exception culturelle s’est ainsi forgée pour sortir, avec succès, la culture de la seule logique de marché et reconnaitre un droit pour les États d’adopter des politiques culturelles et de soutien à la création locale.
Un peu plus de 10 ans plus tard, le 20 octobre 2005, l’exception culturelle est devenue diversité culturelle et fait l’objet d’une pleine reconnaissance juridique internationale avec l’adoption à Paris de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. On a rarement vu dans l’histoire du droit international une convention être adoptée, signée et ratifiée avec une telle rapidité. Aujourd’hui, près de 140 Etats en sont signataires.

Et le numérique ?

Nombreux sont ceux qui profitaient de l’absence du terme même de « numérique » pour en tirer aussitôt la conclusion que l’effectivité de la Convention et des principes qu’elle porte s’arrêtait aux portes de ce nouveau monde digital. Cette absence n’était ni un oubli ni une volonté de figer la Convention dans un monde qui n’aurait pas vocation à évoluer. C’était au contraire la sagesse des rédacteurs de la Convention que de n’avoir pas insulté l’avenir et d’avoir laissé ouvert la possibilité de prendre en compte les évolutions technologiques dans la mise en œuvre de cet outil international unique.
Cette critique a trouvé une juste réponse dans l’adoption des directives opérationnelles en juin 2017 soulignant la pleine application de la Convention et de ses principes aux supports, aux biens et aux services numériques.
C’était essentiel car l’enjeu de la diversité culturelle n’est pas moindre aujourd’hui. Les craintes qui existaient d’une domination hégémonique d’une culture sur les autres et d’un contournement des politiques de soutien à la création trouvent même une nouvelle actualité avec le numérique.
Faut-il en déduire que le numérique serait une menace pour la diversité culturelle ?
Il faut se garder de toute position univoque ou déséquilibrée. En revanche, il faut savoir mesurer les risques comme les opportunités que ce nouveau monde numérique porte. Il peut en effet être une chance pour la création et en particulier avec l’émergence d’une palette élargie d’outils de création et d’exposition des œuvres, la découverte de nouvelles formes artistiques, le développement de nouveaux modes de financement des œuvres, l’élargissement de l’accès des œuvres aux publics. La diffusion des œuvres culturelles y gagne indiscutablement un nouveau mode d’exposition et des outils qui en dynamisent et favorisent la portée. La création y trouve de nouveaux moyens pour s’exprimer.
Mais, ce tableau positif doit aussi être nuancé : le modèle économique du numérique est aussi celui d’une recherche de rentabilité maximale des œuvres via des intermédiaires puissants, ces géants du Net qu’on appelle les GAFAN, qui sont en position dominante et qui n’ont pas tous vocation naturelle à défendre et soutenir la diversité de la création.

Ces enjeux de régulation du numérique en faveur de la diversité culturelle, de son financement comme de son exposition, trouvent aussi un nouvel horizon. Il y a bien sûr toujours les négociations commerciales qui restent une source de dangers, comme l’avait montré la tentative de la Commission Barroso de remettre en jeu l’exception culturelle dans le cadre des négociations commerciales transatlantiques en 2013 et comme pourrait aussi nous y conduire les futures discussions avec la Grande-Bretagne post-Brexit. Mais, le nouvel horizon est surtout l’Europe. C’est là que la France doit porter ses efforts pour maintenir son ambition culturelle et obtenir des régulations européennes qui n’interdisent pas l’essence même de l’exception culturelle : le droit de définir, d’adopter et de mettre en œuvre des politiques de soutien à la création locale.

Pascal Rogard
http://www.rogard.blog.sacd.fr

mardi 15 janvier 2019

Culture et Communication-La culture à la télévision-Télévisions locales et régionales

Les télévisions locales et régionales aujourd’hui : une télévision nationale des régions, un oxymore à réitérer ?
Prochaine séance du séminaire du comité d'histoire du Ministère de la Culture 17 janvier 2019 de 16 à 19 heures
Les séances se tiennent à la Maison Suger (FMSH), 16-18 rue Suger, 75006 Paris de 16h à 19h [plan]
Inscription obligatoire (libre et gratuite dans la limite des places disponibles) en remplissant le formulaire
AVEC 

  • Benoît Lafon, Université Grenoble Alpes – GRESEC, 

La présentation vise à revenir sur le modèle français de télévision régionale, afin d’en saisir les tenants et aboutissants. Au niveau historique, il s’agit de rappeler le contexte ayant mené à la création des stations régionales de télévision sous la RTF et l’ORTF, ainsi que d’analyser le maintien d’un modèle de « chaîne nationale des régions » au fil des années. Dans le contexte actuel de recomposition territoriale (nouvelles régions) et de désengagement de l’État, ce modèle peut-il perdurer ? Et quels enjeux locaux pour la télévision l’histoire de France 3 permet-elle d’éclairer ?

  • Christian Clères, auteur, scénariste et réalisateur,

Après avoir été animateur, producteur, réalisateur, auteur radiophonique puis écrivain, scénariste pour la télévision et le cinéma, Christian Clères réalise depuis quelques années des documentaires pour France Télévisions (Le rêve d’une culture partagée, De la plage à la page, Michel Bussi et le roman populaire, J’aime pas Proust (en cours de production)).


  • Michel Boyon, avocat, ancien président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.


lundi 26 novembre 2018

Culture et communication-La Culture à la télévision


La télévision, les arts et la culture
6 décembre 2018- 
Les séances se tiennent à la Maison Suger (FMSH), 16-18 rue Suger, 75006 Paris de 16h à 19h [plan]
Inscription obligatoire (libre et gratuite dans la limite des places disponibles) en remplissant le formulaire
Informations :  comitehistoire@culture.gouv.fr
https://chmcc.hypotheses.org/5321

Intervenants 
Roxane Hamery, Université Rennes 2 – Arts du spectacle :

La mission éducative de la télévision publique française a trouvé l’une de ses plus parfaites expressions dans les émissions consacrées aux arts, à travers quelques figures emblématiques de passeurs qui ont incarné, durant plusieurs décennies, le visage de la culture sur le petit écran. Nous concentrant plus particulièrement sur les émissions consacrées aux arts plastiques, nous reviendrons sur les parcours de certains de ces passeurs, interrogeant leurs rapports à la transmission et au dispositif de médiation que constitue la télévision.

Laurent Baridon, Université Lyon 2 – LARHRA,

L’histoire de l’art à la télévision : exposition, médiation ou partage ?
L’objectif d’une exposition artistique est en principe de mettre un public en présence d’objets ou d’images afin qu’il les connaisse et les comprenne tout en éprouvant leurs qualités esthétiques. La proximité directe avec des œuvres authentiques est en principe la condition de cette réception. Les formats télévisuels créés pour rendre compte d’une œuvre ou d’un phénomène artistique transmettent et diffusent des informations souvent plus efficacement qu’une exposition. Mais les dispositifs utilisés, qu’ils empruntent aux formes traditionnelles du commentaire critique et historique ou qu’ils innovent par des moyens techniques, parviennent-ils à créer les conditions de l’expérience sensible ? Il s’agira de le vérifier à partir d’études de cas en formulant quelques réflexions et préconisations.

Clémence de Montgolfier, Université Paris III – CEISME :

L’art contemporain à la télévision au cœur des conflits de définition de la culture.
À partir du travail de la thèse intitulée Représentations des mondes de l’art contemporain à la télévision française de 1960 à 2013. De la médiatisation à la médiation (2017) nous nous intéresserons plus particulièrement à la manière dont les émissions sur l’art contemporain dans le champs des arts plastiques ont été et sont encore le lieu de conflits sur la définition de ce qu’est la culture à la télévision et sur la notion de légitimité culturelle. En nous appuyant sur une analyse sémiologique et pragmatique d’un corpus de programmes télévisés, nous examinerons la représentation des hiérarchies socioculturelles dans la médiatisation de l’art contemporain, et comment elles entrent parfois en contradiction avec des récits télévisés de démocratisation culturelle.